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Scarlet forcé de filtrer le P2P

Par Benjamin Poulain - Dernière modification 18/04/2008 20:40

La justice Belge a condamné un fournisseur d'accès Internet à filtrer le contenu de son réseau pour éviter le téléchargement illégal. Même si l'intention est louable, il est regrettable de voir imposer des mesures impossible en pratique. Les fournisseurs de musiques devrait essayer de fournir des plateformes de téléchargement légal de musique dépourvue de DRM.

Le fournisseur d'accès Internet Tiscali (maintenant Scarlet) a été condamné par la justice Belge au filtrage de son réseau en vue d'y interdire le téléchargement de fichiers distribués illégalement. La plainte émane de la SABAM qui désire interdire le téléchargement illicite de musique appartenant à son répertoire.

L'industrie de la musique subit en ce moment des baisses de chiffre d'affaire et les craintes sont grandes quand à la préservation de ce secteur. Le danger est que les artistes ne touchent plus assez d'argent pour se payer leur cocaïne, ce qui pour beaucoup d'experts religieux serait le premier signe de l'avènement de l'apocalypse.

Il est donc normal que l'industrie cherche à se protéger, et le meilleurs moyen est d'accuser le peer to peer de tout les maux (et ça évite soulever le problème des DRM), néanmoins on peut émettre des réserves sur la méthode utilisée. Il serait invraisemblable d'interdire les réseaux P2P car ceux-ci véhiculent de nombreux contenus légaux (ne fusse que les logiciels et musiques libres), personne n'envisage d'interdire Youtube ou Dailymotion car une partie de leur contenu est illégal, le même problème se pose pour le P2P. La solution serait de filtrer le contenu des réseaux P2P afin d'éviter le transfert des quelques fichiers illégaux, mais 2 problèmes techniques se poseront rapidement: l'identification du contenu illégal et le cryptage. Comment identifier du contenu illégal? La question reste posée, identifier un fichier à son nom est beaucoup trop réducteur et reste facilement contournable. Le chiffrement est un autre problème qui se posera rapidement, si un réseaux P2P chiffre les connections entre utilisateurs, comment déterminer le trafic légal du trafic illégal?

La position du tribunal Belge semble donc inapplicable en pratique, et pourtant Scarlet subira des astreintes financière si le filtrage n'est pas mis en place au cours des 6 prochains mois. On ne peu que se désoler de la compétence du tribunal belge et de l'assimilation quasi-systématique du P2P au téléchargement illégal.

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